De la nature des hommes.

                                                     

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Le dernier arbre  Tim Gautreaux  
Seuil 2013 ❤️❤️❤️❤️♥︎

Que nous sommes loin de l’image transcendantaliste du XIXe chère à Emerson ou à Whitman (bonté inhérente de l’homme et de la nature)! Tim Gautreaux nous entraîne au fond de la Louisiane en 1920 où des hommes tentent de vivre, forçats d’une société qui s’emballe au nom du progrès et de l’industrialisation.
Dans une nature quotidiennement hostile, humide et infestée de nuisibles, deux frères bien différents tentent de faire régner l’ordre et la justice dans une scierie.

Le premier, brisé par la 1ere guerre mondiale règle les problèmes à coups de revolver, d’alcool et de musique. Le second, en arrivant, croit encore en l’homme et en la justice. Une atmosphère de bout du monde et de fin du monde plane sur la concession car le dernier arbre abattu signera la fin de l’entreprise. Les hommes durs de ce microcosme n’ont rien à attendre de la vie et la violence se déchaîne chaque semaine au saloon tenus par des mafieux.

Le dernier arbre est un grand roman américain : des trains comme unique lien, des shérifs, des Winchesters, des bastringues et du racisme. La violence éclabousse le récit à la manière d’un Tarantino . Les hommes tombent comme les arbres. Heureusement certains personnages sont d’une humanité salvatrice. Mais que faire face à la violence ? L’amitié, la famille, la loyauté, la fraternité sont peut-être des réponses.

Rassurez-vous la lumière perce tout de même à travers les bois et Tim Gautreaux aime ses beaux personnages !

(p. 398) « Debout sur le marchepied, Randolph se penchait à l’extérieur, se rappelant le paysage invisible, les troncs envahis de mousse s’élevant au dessus d’un tapis flottant de lentilles d’eau, le marais infesté de reptiles qui lui faisait encore dresser les cheveux sur la tête s’il y pensait trop longtemps. Il se demanda si cette géographie hérissée de multiples crocs mortels avait déteint sur ses habitants, si elle les avait fait régresser au rang des prédateurs primitifs. L’avait-elle changé, lui aussi ? »

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